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Colombie – de la chaleur tropicale aux montagnes fertiles

Jour 180 de notre voyage – escale à Palomino

Après ces deux supers semaines à 4, difficile de reprendre notre rythme. On décide de passer quelques jours à Palomino, sur la côte, pour se reposer et cuisiner afin d’économiser un peu d’argent. En effet, même si nos copains se sont adaptés à notre mode de voyage, nous avons plus dépensé qu’à deux et le budget a pris un coût (euh un coup).

Itinéraire pendant 1 mois en Colombie

Nous logeons chez un couple de bogotains, Milton et Cena, qui ont ouvert leur guesthouse récemment, après une grosse remise en question sur leur vie citadine et un voyage qui leur a donné envie de changer de vie. 

Milton et Cena

Nous sommes très, très bien accueillis. Les discussions sont variées, nous parlons cuisine, photos, musique, culture locale. J’apprends aussi à faire des arepas, ces petites galettes de farine de maïs, que l’on déguste à chaque petit déjeuner colombien. 


Le coin cuisine

Recette arepas :

  • Verser 1 tasse d’eau tiède dans un saladier
  • Ajouter sel et poivre, selon les goûts vous pouvez ajouter du romain ou herbes de Provence
  • Verser 1 tasse de farine de maïs
  • Possibilité d’ajouter un peu de beurre (non obligatoire)
  • Commencer à mélanger le tout à l’aide d’une cuillère en bois, puis terminer de malaxer à la main. La pâte doit se tenir, s’il faut, rajouter un peu d’eau.
  • Faire cuire dans une poêle anti-adhésive, sans matière grasse. Il faut que les bords commencent à sécher avant de retourner (merci chef Milton 😉 ) 
  • Déguster ensuite soit nature, soit avec un peu de fromage frais ou beurre. 

Arepas, œufs brouillés, ananas, chocolat chaud et buñuelo (pâtisserie à droite)

Le petit déjeuner colombien est généralement composé d’arepas, œufs brouillés (agrémentés : oignon, tomate et/ou saucisse), chocolat chaud ou café. Il y aussi une version plus copieuse : riz avec saucisse ou reste de viande et haricots rouges ; toujours accompagné d’arepas !! 


Un village rongé par le tourisme

Le tourisme a transformé Palomino, nous apprendrons qu’il y a quelques années ce village n’était pas plus grand qu’une rue principale et quelques petites tiendas (magasins). À présent, ce sont des hostels, hôtels avec piscine, restaurants et bars à chaque coin de rue. Les activités principales du village sont la plage et la descente de la rivière sur des bouées… Très authentique ! Nous avons finalement plus profité de notre logement et de nos hôtes que du village, et nous sommes contents de partir pour Minca, à 600m d’altitude ; où nous trouvons un peu de fraîcheur. 

La plage de Palomino


Minca, village hors du temps

Contrairement à Palomino qui est très sec et poussiéreux, Minca est verdoyant et un río traverse le village. Les habitants ont pour habitude de s’y retrouver en fin de journée ou le week-end afin de profiter de la fraîcheur, boire quelques bières et se baigner. 

Nous profitons de 2 jours dans un super petit airbnb au bord du río (cadeau de Noël de ma famille), une maison en plein nature construite avec des pierres de la rivière, digne d’une maison d’architecte ! La propriétaire a d’ailleurs fait toutes les mosaïques elle-même. Cette maison est très reposante, et on apprécie bien la moustiquaire qui entoure une partie de la terrasse !



Le musée des « 4C »

Dans la maison voisine, le frère de notre hôte tient un petit musée du cacao. En réalité c’est plutôt le musée des « 4C » : cacao, café, cannabis et coca ! Cet homme, un hippie un peu loufoque, nous expliquera le processus de fabrication du cacao, quasiment identique à celui du café. Mais il nous parlera aussi de la coca. Cette plante sacrée pour les peuples indigènes, a de multiples vertus, comme lutter contre le mal des montagnes, les troubles digestifs… J’aurai d’ailleurs la possibilité de goûter quelques jours plus tard à l’infusion de feuilles de coca à la suite d’un bon mal de ventre (bon, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas convaincue que ça m’ait aidé 😛). 

Cacao sous différentes formes
Coca sous différentes formes

Nous apprenons qu’à l’adolescence, les jeunes indigènes reçoivent en cadeau une calebasse et un poporo (bâtonnet de bois) qu’ils garderont toute leur vie. La calebasse est remplie de coquillages concassés et brûlés, donnant une sorte de poudre calcaire. Ils mastiquent les feuilles de coca, trempent le poporo dans la calebasse afin qu’il soit recouvert de poudre puis le mettent dans leur bouche. Le mélange salive et calcaire permet d’activer la cocaïne. 

Nous avions vu beaucoup de kogis avec cet objet, dans la rue et les transports, en se demandant ce que c’était et comment cela fonctionnait.

Nous apprenons aussi qu’au 19e siècle, le vin de coca, le vin Mariani, était vendu en Europe, promu comme une boisson « tonic » pour le cerveau. C’était un mélange de vin de Bordeaux macéré avec des feuilles de coca. Le pape en faisait même la pub ! Nous avons pu en goûter, ainsi qu’une liqueur de coca. 1h plus tard, nous étions toujours en train de nous demander quel effet cela avait pu nous faire :P.


Le coca-cola, lui, a été créé après la guerre de Sécession, en 1965. Un pharmacien d’Altanta souhaitant aider ses patients blessés, crée une boisson à base du vin de coca et de noix de kola. Cependant, une interdiction d’alcool est proclamée à Atlanta, il crée alors une formule sans alcool. Cette boisson, le French Wine Coca, sera ensuite commercialisée. Mais il faudra attendre le début du XXème  siècle pour que le célèbre coca-cola ne contienne plus la substance active de cocaïne.

Barranquilla, un de nos pires logements.. 

Le calme, la nature et la montagne de Minca laissent place au bruit, à la musique omniprésente et au monde de Barranquilla. Nous passons 3 jours dans cette ville afin de participer aux festivités du carnaval de Barranquilla. Notre première impression de la ville ne fut pas des meilleures car nous arrivons dans un airbnb lugubre : une pauvre petite chambre dans une collocation. Tout est sale, la chambre est très humide et la température doit être proche des 30 degrés. En prime, il n’y a pas de fenêtre. Si cela ne tenait qu’à nous, nous serions partis aussitôt. Mais durant cette période de carnaval, tous les logements ont été pris d’assaut et nous voulons absolument profiter du carnaval, alors on prend sur nous…


Paillettes et musique : bienvenue au Carnaval de Barranquilla !! 

Le 1er jour du carnaval a été le plus impressionnant, autant par le monde, l’ambiance générale que les supers déguisements du défilé. Nous sortons nous balader dans le quartier où on entend de la musique à chaque coin de rue, soit depuis la fenêtre d’un appartement, ou d’une maison qui s’est transformée en mini resto/bar pour l’occasion. Tous les styles de musique se confondent dans un merveilleux brouhaha général. On adore, même si le son est légèrement assourdissant, on se demande comment ils ne sont pas tous sourds à force !

Le défilé de l’après-midi est grandiose et haut en couleur, même si l’accès aux chars et danseurs est souvent bouché par des stands et des gradins pour lesquels l’accès est payant. Ainsi, on en loupe une partie et on cherche souvent à se percher sur des escaliers pour les apercevoir ! Heureusement, nous avions su grâce à un blog qu’à la fin du défilé, lorsque les danseurs descendent des chars, il est possible de s’approcher et même de prendre des photos avec eux ! Nous y passerons presque 1h et nous fermerons la marche avec un des derniers groupes pour rejoindre une place bondée où tout le monde se retrouve (ou se repose, pour les danseurs debout depuis presque 5h…).

L’ambiance est très festive, les gens dansent, boivent, mangent. Nous retrouvons même des français que nous avions rencontrés à Bogotá !

Pour nous la soirée sera calme. Crevés d’avoir vadrouillés dans la ville depuis 12h, nous rentrons après un petit repas au restaurant.

Le lendemain vers 15h, nous retrouvons Nina et Jeremy, un couple de français rencontrés dans le bus, avec qui nous passons la journée. Nous décidons de retourner voir le défilé mais nous sommes un peu déçus de l’ambiance, il n’y a pas grand monde contrairement à la veille ! (les gens sont-ils tous en train de décuver de leur soirée ? 😛. Et même dans la rue du défilé, les gradins sont presque vides, les danseurs moins dynamiques. On imagine que le samedi est la plus grosse journée du carnaval.

 

 » Il faut sentir la vibración, la musica !!! « 

 » C’est justement ce qui nous manque, à nous, petits français ! »

 » Pour danser, le mouvement part des hanches »

« Ouai, elles ne veulent pas bouger celles-là ! »

Et bien sûr cette conversation est suivie d’éclats de rire général car nous essayons de reproduire les mouvements de la fille sans grande conviction !


Nina et Jeremy

Nous finissons la soirée dans un parc où se regroupent principalement des colombiens et très peu de touristes. Nous assistons à un super concert de musique africano-colombienne.

La suite du concert est délocalisée dans une petite rotonde, où les musiciens sont au centre. Dans un mouvement de foule (dont on ne connaîtra pas l’origine), tout le monde se met à tourner autour des musiciens en dansant. Une vraie pagaille, chacun danse à sa manière sans vraiment se soucier des autres. On est très étonné mais on se mêle au groupe avec plaisir. 

La fameuse danse en rond


Taganga, village de pêcheur plein de vie

Nous partons finalement un jour plus tôt de Barranquilla car chaque soir, le chien de notre voisine de chambre aboyait durant la nuit.. Ceci venant s’ajouter à l’état général du airbnb, j’ai craqué et avancé notre départ d’un jour !

Nous voilà donc à Taganga, petit village en bord de mer, plein de vie mais plutôt reposant.

Pour les 30 ans de Théo, ses parents nous ont offert notre diplôme de plongée, le PADI Open Water, le 1er niveau (merci encore !!). Ça sera donc plongée et cours le matin chez Ocean Lovers et repos l’après-midi chez Myriam et Marco. Un couple colombiano-italien louant une chambre chez eux. Mais plus qu’une maison, c’est un refuge pour animaux que nous découvrons. Ils recueillent les chiens et chats de la rue pour leur offrir une meilleure vie. Taganga est réputé pour son nombre d’animaux errants… Nous sommes donc entourés de 2 chiens et 14 chats ! Le bonheur !! Et cerise sur le gâteau, Myriam est cheffe cuisto et nous propose de délicieux plats à petit prix. 

La maison ce Myriam et Marco



Pour fêter nos 11 ans de relation, nous avons regardé le dessin animé « Encanto », qui se passe en Colombie. On a adoré retrouver des détails de la vie de ce pays, comme les arepas et autres plats, les chapeaux colombiens, les palmiers de la vallée de Cocora, le jeu du Tejo …



Plongée dans le parc naturel de Tayrona

Les cours de plongée se passent très bien, même si nous sommes un groupe de 5, ce qui est beaucoup. Et les 3 autres ne sont pas très sérieux et on perdra pas mal de temps à cause d’eux.

Andres notre instructeur

Les plongées du 1er jour sont en piscine afin d’apprendre à gérer et installer notre matériel ainsi que les gestes de sécurité. Puis nous ferons les 2 autres jours en mer. Après avoir préparé notre équipement, nous sautons dans le bateau pour rejoindre le parc naturel de Tayrona (nous avions vu la partie terrestre avec les copains, nous découvrons maintenant la vie sous-marine !).

Nous faisons en tout 4 plongées. Les fonds marins ne sont pas très riches en coraux mais ceux que nous voyons sont très beaux et grands. Et contrairement à l’Indonésie où les cimetières de coraux sont très nombreux (dû au réchauffement climatique), ici c’est plein de vie. Nous avons pu observer de superbes poissons (perroquet, coffre, demoiselle, ballon), des serpents de mer, des vers de feu..

Gros poisson scorpion

 

Home sweet home à San Gil

Notre prochaine étape se trouve dans la région de Santander, 630km plus au sud, à La Hacienda au-dessus du village de San Gil. Partis pour une nouvelle nuit de bus, je m’équipe de mon sac de couchage afin de supporter la clim excessive du bus !

Nous arrivons 10h plus tard à San Gil, après un tour au marché pour faire le plein de fruits et légumes – oui on va cuisiner cette semaine 😁 – on appelle le taxi attitré de l’hacienda car il y a une belle grimpette de 5km ! 

On monte parmi les champs de café et bananier, sur une route défoncée et non goudronnée. Heureusement, notre chauffeur Fredy connaît la route par cœur. 

L’hacienda est très jolie, notre chambre aussi et la vue sur la vallée est incroyable. Nous rencontrons Jane et Felipe, nos hôtes pour la semaine. Elle est anglaise et lui colombien, et l’accueil est plus que chaleureux. Nous avons tout de suite accroché avec ce couple un peu foufou, mais d’une gentillesse infinie.

 

Vue depuis la terrasse !

Les deux premiers jours, nous décidons de profiter de l’Hacienda, faire du sport (le 1er footing depuis 2 mois fait mal !), lire dans les hamacs, boire un café devant la vue, jouer avec les 2 chiens, Lola et Téo (oui oui, le petit chien, style chiuahua s’appelle Téo :p ).. Nous pensions cuisiner mais il s’avère que Jane cuisine divinement bien, et Felipe a une formation boulangerie… Autant vous dire que les petits déjeuners maison avec du pain frais chaque matin (digne d’un vrai boulanger français!), œufs, fruits et jus de fruit, sont un vrai régal ! On décide de partager le repas des 2 premiers jours avec eux et nous dégustons des lasagnes et un curry indien. Nous sommes très contents de changer de la nourriture colombienne qui commence à nous lasser un peu … 

Téo et Lola
Théo et Lola


Les jours suivants, nous partons à la découverte des villages du coin dont Curití et sa jolie rivière où se baigner, Barichara et Guane. Ces villages typiques de la région se ressemblent : des rues en pente, des maisons blanches d’un étage avec des petites cours intérieures. La plupart de ces villages sont reliés par les caminos reales, chemin pavé construit à l’époque pré-coloniale et seul lien entre ces endroits isolés.

Curiti
Vue depuis Curiti
Rivière à Curiti
Barichara
Camino Real direction Guane
Guane


Et si on restait ? 

Cette semaine se termine, et la décision de rester a été une évidence pour Théo comme pour moi. Depuis le début de notre voyage, bientôt 7 mois, c’est la 1ère fois que je me sens aussi bien et un peu comme à la maison. Et lorsque l’on part à la journée on se dit « on rentre à la maison ce soir « . Cette pause nous a fait un bien fou, encore merci Jane et Felipe !! 

Afin de montrer nos talents de cuisinier, nous proposons de faire une soirée crêpes à partager avec tout le monde. Aidés de Seraphin et Nathaly, un couple de voyageurs, nous préparons le repas. La soirée s’enchaîne avec un cours de salsa donné par la maman de Felipe et d’un moment au coin feu dans le jardin où Théo et Felipe nous font un petit concert à la guitare. 

Soirée crêpes !

Cela sera d’ailleurs notre dernière soirée en petit comité, puisque commence la semaine Sainte – semana santa – en Colombie. Cela signifie vacances scolaires et beaucoup de déplacements dans le pays. La casa se remplit, il y a pas mal de passage, de gens qui ne restent qu’une nuit. On s’étonne de voir des têtes inconnues chez « nous ».



Randonnée caniculaire au canyon de Chicamocha 

Nous continuons de vadrouiller dans la région. Une belle randonnée de 2 jours nous attend dans le Canyon de Chicamocha, le 2ème plus grand au monde derrière le Grand Canyon (USA). On s’équipe, on vide les sacs pour se charger en eau et nourriture car nous partons en autonomie avec la tente, et la chaleur s’annonce caniculaire.

Après 1h de bus, on commence à marcher en plein soleil et on sue ! Avec nos provisions, nos sacs font 17kg chacun… Autrement dire que je n’avance pas vite ! On attaque ensuite la longue descente de 1200m de dénivelé dans le canyon, et la chaleur nous assomme. Même avec une casquette, mes joues brûlent comme en plein soleil ! C’est assez impressionnant. Mais heureusement la vue est à couper le souffle, le canyon s’étend à perte de vue. 


Nous arrivons épuisés au village de Jordán, au fond du canyon. Nous cherchons un endroit où poser notre tente mais ce n’est pas facile. Le petit village n’est pas très habité mais il se trouve à flanc de falaises. On finit par demander à des locaux si nous pouvons nous installer à côté de leur terrain. Avec la tombée de la nuit, on espère ressentir un peu de fraîcheur mais il n’y a pas un brin d’air et la température n’a pas dû descendre en dessous de 28 degrés… « Heureusement » la nuit est courte puisque l’on décide de se lever à 4h30, afin de monter de l’autre côté à la « fraîche ». Le chemin est plus court, seulement 800m de D+ pour 4,6km, et nous arrivons au village de Los Santos au bout de 2h30. Un peu déboussolés d’arriver aussi tôt, nous nous accordons un bon petit déjeuner avant de sauter dans un 1er bus pour retourner à San Gil.

Impressionnant cactus !
Village de Jordan, vide

Bientôt le départ 

Heureux de rentrer « à la maison », même s’il s’agit de notre dernière nuit puisque nous partons le lendemain pour 18h de bus !! Nous partageons un dernier moment avec nos ami.e.s Jane et Felipe qui nous offrent le repas : leurs délicieuses pizzas maison !

La séparation est un peu difficile après ces deux supers semaines en leur compagnie, mais le travail nous attend dans la région du café ;).


Manon

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