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Potosi et Sucre, cœur d’argent et d’histoire de la Bolivie

L’arrivée dans cette ville est assez magique. On retrouve Ophélie par hasard dans la gare routière à 6h du matin, alors on marche tous les quatre avec Eloi jusque dans le centre. Il fait bon, les bâtiments sont magnifiques et la fatigue accumulée ainsi que le calme de la ville endormie créent une atmosphère magique. Quelques cholitas, encore un peu endormies, sortent de chez elle et partent installer leur stand au marché. Une autre balaye la place centrale, tandis que des chauffeurs de taxi prennent place dans leur véhicule. La ville s’éveille doucement… On se rend nous aussi au marché pour déjeuner : jus de fruits frais excellents, café, œufs au bacon et avocat ! On sonne ensuite chez Javier, notre hôte pour les prochains jours. Il possède 4 chambres avec cuisine indépendantes et four au gaz, le rêve ! 

Ville de Sucre – grosse différence avec La Paz !
Scène de vie sur la place principale
Au bord de la place, une cholita vend ses produits
Centre historique

Sucre, la Cité Blanche

Nous visiterons la ville blanche à plusieurs reprises, par nous-mêmes et avec un free walking tour

On apprend par exemple avec Maria quelques traditions boliviennes. Les coa sont les offrandes à la Pachamama, que l’on dépose dans des lieux spécifiques, les huecas. Une personne qui se promène peut à tout moment trouver un rocher, un arbre, une grotte ou n’importe quelle particularité géographique, et à force d’y penser, de se rappeler l’endroit, d’en rêver, que celui-ci devient un lieu sacré, un lieu d’offrande . L’énergie dégagée par cet élément appelle les habitants à venir y placer du charbon ardent, sur lequel sont déposés du sucre, des herbes, des céréales ou tout autre symbole local. On laisse l’ensemble se consumer – comme si la Pachamama mangeait les offrandes -, avant de revenir y mettre de l’alcool, selon un schéma bien spécifique. 

En montant vers le mirador de la Recoleta
Porte d’église
Golden Hour à Sucre, meilleure heure pour visiter la ville !

Un peu d’histoire…

La Cité Blanche est fondée en 1538 par le conquistador Pedro de Anzures, et est alors nommée « La Plata » (littéralement « l’argent »). Après l’indépendance de la Bolivie en 1825 portée par Simon Bolivar, la ville devient la capitale officielle du pays et change de nom. Elle est rebaptisée Sucre en l’honneur du maréchal homonyme qui a combattu aux côtés de Bolivar. Au XIXe siècle, l’économie minière ralentie et la ville voisine de Potosi décline, provoquant le départ du gouvernement bolivien vers la petite ville de La Paz, en 1898.

Après plusieurs décennies de changement de pouvoir, d’instabilités succédant des phases plus stables, c’est en 2007 qu’ont eu lieu les dernières grandes émeutes. Sous la présidence d’Evo Morales, les habitants de Sucre se sont soulevés contre les forces de l’ordre, revendiquant que la ville blanche redevienne la capitale unique du pays. Le mouvement dégénère rapidement, plusieurs personnes sont tuées et la police et l’armée se replient dans la ville voisine de Potosi. Malheureusement, dans le chaos occasionné par ces changements, des prisons sont ouvertes et les détenus fuient, saccageant au passage une partie de la ville ! Finalement le calme revient après quelques jours, mais beaucoup de frayeurs et encore un souvenir marquant dans la tête des gens !

Gobierno Autónomo Departamental de Chuquisaca
Cathedral Basilica of Our Lady of Guadalupe
Une autre vue…

Aujourd’hui, la ville de Sucre se dit encore « capitale » car elle héberge le pouvoir judiciaire tandis que le législatif et l’exécutif sont toujours à La Paz. 

Vue du mirador Recoleta
Ecoliers après les classes

Les édifices de la ville sont blanchis à la chaux afin de perdurer l’esprit colonial. En effet, ce sont les maisons bourgeoises des colons qui à l’époque se distinguaient des quartiers pauvres avoisinants en peignant leurs murs. Depuis, une loi est passée obligeant les propriétaires du centre de Sucre à entretenir régulièrement leurs façades extérieures. 

Travailleur dans les belles rues de Sucre

21 septembre, Printemps et Amour

Le 21 septembre, jour de l’automne en France mais du printemps ici, est un jour de fête. C’est également l’anniversaire de mon frère donc j’en profite pour lui faire un petit coucou ! On sort ensuite voir la foire qui se tient dans le parc Simon Bolivar, et quelle n’est pas notre surprise lorsqu’on découvre du rouge, des cœur et des roses partout ! Il s’agit en fait également de la journée de l’amour, la saint Valentin locale ! Tout est kitch et glamour – les parfums, les décos, les ballons en forme de cœur aux paillettes à l’intérieur, les desserts avec des mots doux… On s’enfuit en direction du cimetière de la ville ! Bien plus calme à cette heure là, il est réputé pour être magnifique et on décide donc de le visiter.

Cementerio General

Cimetière de Sucre

Mais en arrivant, c’est trop calme… Il n’est ouvert aux visites que jusqu’à 15h, et il est 17h ! On tombe sur un couple d’argentins qui sont dans la même situation… Alors que le gardien arrive, on discute avec lui et on tente de lui graisser la patte ! On lui demande pour combien il pourrait nous laisser entrer visiter, et il nous demande une « colaboración por los perros », les chiens qui errent dans le cimetière et à qui il donne à manger ! Nous proposons 10 bolivianos / couple, soit 1,5€… et il accepte. On rentre donc avec lui, on le paye discrètement à l’intérieur, et on visite cet endroit étonnant pendant près d’une heure !

Grandes allées de marbre, bancs en fer forgés, tombes centenaires et urnes funéraires de tout âge. Seuls les cris des perroquets verts troublent le silence, ponctuant notre conversation avec ce couple de retraités de la province de Cordoba. En fin de journée nous allons boire une bière avec Eloi, qui est encore à Sucre et qui va nous accompagner au salar d’Uyuni dans quelques jours. Le soir, Sucre est en fête avec les écoles, lycées et universités qui organisent des bals de promo, où les garçons viennent en costume et les filles, surmaquillées, en robe à paillette.

Fête de l’Amour
Avec Javier qui nous emmène à la gare routière
Spécialité de Sucre !

Potosi, plus haute ville du monde

Notre séjour à Sucre se termine, notre hôte Javier nous emmène à la gare routière dans sa coccinelle déglinguée, et on saute dans un bus direction Potosi, qui se situe à 150 km au sud-ouest. Les vigognes sont toujours bien présentes sur les bords de route, qui sont toujours aussi monotone… Des rochers et de la steppe à perte de vue ! On monte encore en altitude, puisque Potosi est 2ème ville la plus haute du monde !

Ainsi, on y entend souvent des phrases comme… la brasserie la plus haute du monde (bière Potosi), la mine la plus haute du monde…! En arrivant de nuit, et n’ayant rien réservé à l’avance, on fait le tour des hostels… Mais les prix sont assez chers, même pour des dortoirs. Alors on demande et on tourne, un peu essoufflés ! Finalement on débarque dans un hostel religieux, « La comunidad de Jesús », avec des croix et des statuettes partout… mais qui n’est vraiment pas cher !

Le changement de décor après Sucre…
Beaucoup plus… bolivien ??
La bière la plus haute du monde ! x)

Cerro Rico

Le lendemain, nous visitons rapidement la ville, sans aller aux mines d’argent du renommé « Cerro Rico », où était extrait l’argent, à l’origine de la fortune du royaume d’Espagne du XVIe et XVIIe siècles. Plus de 45.000 tonnes d’argent pur ont été extraites de la montagne entre 1556 et 1783 !! Plusieurs voyageurs nous ont parlé de cette ambiance étrange, où les touristes achètent de la nourriture et de l’alcool avant la visite, qu’ils distribuent alors aux mineurs, esclaves modernes… Sans façon pour nous, le mode « voyeur » nous rebute un peu, alors on préfère juste marcher dans ces rues historiques, et tomber sur quelques cérémonies et fanfares qui, pour quelques raisons obscures, paradent dans la ville.

Des processions farfelues
Quartier historique de Potosi

Départ pour Uyuni, la dernière étape de notre circuit bolivien. Le bus est un peu long, avec comme bruit de fond une mamie et son voisin, qui pendant 3h discutent sans vraiment s’écouter l’un l’autre, en quechua, tout en regardant la vidéo d’un festival quechua au son nasillard, qui tourne en boucle…!  😃

La ville s’étend sur l’altiplano à 4000m d’altitude…

A très vite pour le récit de notre excursion au Salar d’Uyuni. 😉

Théo 

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