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Dans les grandes villes argentine, aventures culinaires, humaines et footballistiques

Après un nouveau bus de nuit assez confortable et cette fois-ci sans rien à déclarer, nous voici à Cordoba ! Il est 7h du matin, la ville est déjà bien active, les gens se rendent au travail, ou conduisent leurs proches à la gare. Pour nous rendre dans le centre historique, nous traversons des quartiers récents, mais qui ont plutôt mal vieillis. Des immeubles des années 60, grisonnants, se découpent dans le ciel nuageux et pollué de la ville. Nous récupérons notre appartement à 14h seulement, alors pour patienter, on se pose dans un café.

Notre appartement n’est pas vraiment dans le centre, mais il est situé au dernier étage d’un immeuble, et a une vue incroyable sur toute la ville. Le midi, on se cuisine une bonne salade accompagnée d’une bouteille de chardonnay, la belle vie quoi 😉 L’après-midi est plutôt en mode sieste et récupération du bus avant de repartir en ville, à pied cette fois. 

Découverte de Cordoba 

Nous passons quelques quartiers un peu glauques, jusqu’à tomber sur le stade de Belgrano, l’un des clubs populaires de la ville. Quentin, en grand fan de football, a l’habitude de repérer les stades de foot sur Google Maps, et aime bien les visiter. On file un pourboire à un gars qui nous laisse rentrer pour visiter, avant de continuer notre route le long du canal. Des bâtiments modernes, partout. Beaucoup de briques, mais aussi du verre, des bureaux, des HLM et des entrepôts. C’est un peu le bordel en terme d’architecture, mais ça nous rappelle un peu Bruxelles donc ce n’est pas désagréable 😁

On revient également à pied, avec en tête l’idée de se faire un asado (bbq) sur la terrasse de notre appart’ ! Nous avons pu trouver un peu de charbon de bois mais le bois lui-même coûte très cher ici ! Alors on ramasse ça et là des cagettes, des cartons, et même du bois que des gens ont abandonné dans la rue. Cela nous permettra de faire un beau feu de joie !

Notre terrasse !

Nouvelle journée à Cordoba !

Nouvelle journée à Cordoba ! Après une matinée calme, on se rend dans le centre pour visiter quelques bâtiments historiques, et chercher pendant 30 min l’entrée d’un resto empanadas que l’on avait repéré sur internet. Il était vraiment bien caché ! A l’arrière d’une petite cour, un monsieur adorable vient nous proposer un petit hors d’œuvre en attendant les empanadas. Cela ressemble à des genres de calamars, un peu gluant dans une sauce épicée. Personne n’aime mais je continue de faire honneur au plat. Et quand on lui demande ce que c’est, et qu’on comprend qu’il s’agit de tripes, tout le monde est content d’avoir vite arrêté et moi, d’avoir pu tester ! C’est quand même particulier… À part ça, les empanadas sont incroyables et l’ambiance du resto intimiste nous plait beaucoup. On prend un café, continue de visiter le centre, et on discute de tout et de rien 😉

L’Argentine et le foot, une histoire d’amour

Toujours sur le thème du foot, Quentin et Clémence ont repéré un match pour le soir ! Cette fois-ci, c’est le club un peu plus « main stream » qui joue, Tallares ! L’ennemi juré de Belgrano, donc. Ils affrontent ici sur leur terrain l’équipe de Union (qui vient de Santa Fe). Manon décide de rester à l’appart pour la soirée, et on part tous les 3 en Uber vers le stade qui est quand même à 2h de marche. En arrivant, les socios, c’est-à-dire les supporters qui ont des abonnements à l’année, sont déjà là. On achète nos places visiteurs, et on rentre dans le stade après avoir mangé un choripán – c’est un mot valise de « chorizo » et « pan », qui correspond à un genre de hot-dog avec une bonne saucisse avec un mélange d’oignons et de crudités.

L’ambiance est folle ! Ici l’alcool est interdit dans l’enceinte du stade car vu la passion des argentins pour le foot, cela pourrait vite dégénérer. Mais aujourd’hui l’atmosphère est très familiale. Le match démarre et les gens connaissent les chansons par cœur, chantent à s’en casser la voix alors qu’il ne s’agit que d’un match de milieu de classement, sans enjeux. Au milieu de la partie, des feux d’artifices sont distribués à chaque supporters et le stade est plongé dans le noir avant que chacun n’allume son pétard ! C’est un moment fort, j’ai presque les cheveux qui ont cramés 😅

Fin apocalyptique 

Pour la deuxième mi-temps (score final 2-2), la pluie se met à tomber et lorsqu’on sort du stade, c’est l’orage qui s’abat sur la ville ! Au milieu du déluge, on cherche un taxi mais on se rend vite compte qu’il n’y en aura pas de disponible avant longtemps. Après consultation, des policiers nous conseillent de prendre le bus, et nous indiquent qu’il faut aller de l’autre côté du stade. Alors on commence à marcher, et un gars nous dit que le dernier va bientôt partir. On se met à courir comme des dératés pendant presque 10 min sous le déluge, avant de sauter in extremis dans le bus qui nous ramène… devant la maison, et gratuitement ! Mais l’immeuble est plongé dans le noir, l’ascenseur ne marche pas. Coupure générale du quartier, dû à l’orage ! Cela durera une partie de la nuit, avant d’être réparé le lendemain. Mais quelle soirée, épique !!

Villa Carlos Paz, une ville balnéaire

Les bords du lac
Magasin d’alfajores

Le jeudi 20 octobre 2022, on sort un peu de la ville en prenant un bus local, direction Villa Carlos Paz. Au bord d’un lac, cette petite cité balnéaire n’a pas grand intérêt, si ce n’est pour ses magasins « d’alfajores » (allez-y, essayez de prononcer ça devant votre glace 😛), une pâtisserie locale. Cette spécialité, semblable à des macarons, est constituée de deux biscuits, réunis par une mixture plus sucrée, à base de dulce de leche, de chocolat, de confiture ou d’amande. On traîne un peu au bord du lac, on déjeune, boit un café et une bière. Petite journée tranquille. De retour à l’appartement, un coucher de soleil incroyable depuis la terrasse entraîne une belle séance photo, qui se termine par un asado… On en profite tant qu’on peut !

Buenos Aires, capitale le long du rio de la Plata 

2 jours plus tard, après un nouveau bus de nuit, nous arrivons à Buenos Aires, capitale de l’Argentine. Un taxi nous emmène de la banlieue jusqu’au centre ville, et l’on assiste horrifié à l’augmentation exponentielle du prix de la course ! Notre hostel est situé dans le quartier de San Telmo, vraiment au cœur de la capitale. Il est plutôt bien aménagé et pas trop cher, avec un énorme chat roux qui déambule dans le couloir à la recherche de câlins 🐈

Géante fresque murale de Maradona
Le fameux chat de l’hostel

On ressort presque aussitôt, en courant afin de rejoindre le quartier de la Boca, à 30 min au sud. Nous avons rendez-vous à 10h pour un walking tour – en espagnol. Ce n’est pas évident de tout comprendre, mais voilà ce qu’il en est ressorti sur l’histoire de ce quartier populaire.

Walking tour Boca

  • Le quartier s’appelle la Boca car il est situé à l’embouchure du fleuve Riachuelo qui traverse la ville, et s’ouvre vers la mer, comme une « bouche ».
  • A la Boca, le tango est roi ! Ici nous sommes presque dans son berceau, il est né quelque part là-bas, sur ces quais miséreux, encrassés par le charbon des steamers, la sueur des dockers et les larmes des femmes de marins. Le tango est une danse sensuelle imprégnée par les nombreuses nationalités d’immigrés de Buenos Aires. Dans les bars miteux de la Boca, répugnés par la bourgeoisie, il a été inventé et dansé tout d’abord par les classes populaires. Puis exporté à Paris au début du XXe siècle, où il connu un grand succès dans les salons, avant de revenir en Argentine, comme une chose que l’on pouvait montrer aux touristes étrangers. Petit à petit, le peuple tout entier se mit au tango et il devint une danse nationale, racontant l’histoire mélancolique d’un peuple d’immigrés ayant souffert, formant aujourd’hui une nation unie, soudée. Il s’agit d’une des rares danses où il n’est pas rare de trouver un jeune homme danser avec une femme de 95 ans, nous dit notre guide !
  • Un peu plus loin, on aperçoit la structure imposante d’un pont en métal, qui relie les deux rives du fleuve. Il s’agit du pont transbordeur Nicolas Avellaneda, construit en 1914, exploité jusqu’en 1960, et qui aujourd’hui est devenu l’un des icônes du quartier. Les poutres d’acier en treillis de l’ouvrage ont récemment été rénovées, et permettent aux visiteurs de s’en approcher. 

De la Boca à San Telmo, face à l’estuaire 

On quitte notre guide et déambulons dans les rues du quartier. Derrière les façades fraîchement peintes, et malgré la foule de touristes qui déambulent sur les rues pavées, on lui trouve beaucoup de charme, et on arrive encore (avec un peu d’imagination quand même) à se projeter quelques décennies en arrière. Aujourd’hui, on trouve des statues de Mafalda où des touristes font la queue pour se prendre en selfie, des boutiques de maté, des petits shows de tango devant les bars – c’est un peu l’usine alors on s’éloigne.

On se perd un peu, et deux fois, des locaux viennent nous dire « attention, n’allez pas plus loin que cette rue-là, c’est dangereux. Il y a des voleurs ! ». Évidemment on ne tente pas le diable et on n’y va pas, mais sur le coup, on se dit naïvement et en rigolant que les argentins sont tellement gentils qu’on ne voit pas qui pourraient nous agresser !! 😅

En fin de journée, nous avons rejoint le quartier de San Telmo en passant par la digue qui protège la ville du vent et du froid de la baie du Rio de la Plata. Gratte-ciels modernes, parcs urbains chics et presque futuristes, rien à voir avec la Boca ! Changement trop brusque d’ailleurs… Nous allons boire un verre devant le canal, dans le quartier Puerto Madero. Jeunes et moins jeunes, apprêtés pour dîner ou danser, paradent sur le quai où quelques vieux bateaux sont amarrés et ont été reconvertis en restaurant ou salle de spectacle. Une nouvelle vie pour ces vieux rafiots !

Match et marché 

Dimanche. Jour de repos pour beaucoup ici dans la capitale argentine. Mais aussi jour de marché ! Place Dorrego dans le quartier bobo de San Telmo, on retrouve un marché aux puces assez grand, avec de nombreux vendeurs de bric et de broc, des tapis d’orients poussiéreux, des cartes maritimes et terrestres jaunies par le temps, mais aussi de nombreux peintres qui me font penser à l’esplanade du Sacré-Cœur, à Montmartre. A quelques rues adjacentes, un marché couvert superbe, remplis de stands de nourritures plus appétissants les uns que les autres. Mais il est encore tôt, alors on se rabat sur des viennoiseries « françaises » incroyables, que l’on va déguster en extérieur, à l’ombre des arbres. 

Puis on se sépare. Quentin et Clémence vont réaliser un rêve, qui est hors budget pour Manon et moi ! Voir un match de foot des Bocas Junior dans leur stade, la Bombonera. Le club est le plus ancien du pays ! Il s’agissait au départ des anglais qui construisaient le chemin de fer dans le quartier de la Boca, qui jouaient ensemble le midi pendant leur pause. Il y avait beaucoup de joueurs très jeunes, moins de 13 ans, d’où le nom de « Juniors ». 

La Bombonera est un stade aussi emblématique que son club. Initialement planifié et dessiné d’une forme ovale, les fonds vinrent à manquer alors que la moitié du stade était déjà construite. Ils achevèrent donc la construction en laissant un côté parfaitement droit, et l’autre moitié de forme elliptique. La tribune « droite » est aujourd’hui la tribune d’honneur ! 

Une finale complètement folle !!

Nous rentrons à l’hostel avec Manon avant de ressortir voir le match dans un bar. C’est la finale du championnat ! Bocas Junior est 1er, devançant d’un seul point le second. Le match sera complètement fou, les gens suivent le match des Bocas mais en même temps sur leurs téléphones celui du second ! Cela se terminera avec le score de 2-2 et les seconds qui mènent presque tout leur match, se font rattraper dans les 5 dernières minutes, et c’est donc Bocas Junior qui gagne le championnat ! C’est l’explosion de joie, les klaxons retentissent dans la ville entière, les porteños (les habitants de Buenos Aires) se parent de jaune et bleu

Les photos ci-dessus ont été prises par Quentin

On retrouve Quentin et Clémence qui ont vécu le match de l’intérieur, dans une ambiance complètement folle. Ils se sont fait baladés d’avant en arrière, de gauche à droite sur des gradins remplis de supporters en transe. Le soir, on sort dans les rues de la capitale, devant l’obélisque – sur l’avenue 9 de Julio, où la foule afflue pour célébrer la victoire. 

Les jeunes dansent et picolent du Fernet – Coca, le mélange roi de la jeunesse argentine. Des percussions, des chants de foot, des générations entières, de l’alcool, et surtout beaucoup de drapeaux. Voilà le cocktail d’une célébration de foot en Argentine !

Palermo, quartier bobo coloré 

Avant-dernier jour des copains en Argentine… Au programme, la visite des quartiers les plus connus de la capitale, à pied ! Nos pas nous mènent donc à travers de grands boulevards, des avenues arborées et d’autres au contraire, complètement bétonnées et aseptisées. On passe dans le quartier juif, très traditionnel, dans des quartiers populaires, d’autres plus modernes. Nous arrivons à Palermo, et c’est une toute autre ambiance que nous trouvons. Ici, de petits immeubles très bas, beaucoup de parcs et de petites places pavées, des bistrots, des terrasses, des galeries d’art et de nombreux concepts stores. On a l’impression d’avoir été téléporté en Europe ! Et ça fait du bien 😊

De nombreuses fresques colorées de street-art arborent ces ruelles ombragées, où il est très agréable de se promener !

Recoleta, bar(s) et restaurant

En fin de journée, Quentin nous interviewe avec Manon dans l’idée de faire un petit reportage sur l’utilisation de différents modes de transports, au gré de notre voyage. Exercice intéressant ! Et il y en a eu, des transports… 😅  On prend la route du retour, toujours à pied, et on arrive dans le quartier de la Recoleta. Il est connu pour son cimetière, bien évidemment fermé à cette heure-là !

On se rabat sur un bar pour prendre l’apéro avant notre dîner de ce soir, chez Don Julio. Dernier craquage avant leur départ ! Il s’agit d’un des meilleurs restaurants de viande rouge au monde, paraît-il. Les prix s’en font ressentir… Nous arrivons devant, avec des serveurs qui nous font patienter en servant des coupes de champagnes ! On n’a pas l’habitude de ça 😅 et nous n’en sommes plus à notre première bière… On sent que les employés nous regardent de travers et de notre côté, nous sommes en fou rire continu, c’est dur de retrouver notre sérieux ! Finalement, nous sommes servis d’un excellent « bife de chorizo » (genre de côte de bœuf), très bonne, mais vraiment surcôtée.

Est-ce qu’on en fait tout un fromage ? 🧀

Allez, dernier jour ! Le réveil pique un peu, les yeux ne veulent pas s’ouvrir et la tête cogne… Quentin et Clémence ont bouclé leurs sacs à dos, et nous partons au sud de la ville en bus, pour quelque chose de spécial ! Après avoir regardé la série « Steet Food » sur Netflix, qui présente quelques spécialités locales (choripan, fugazzeta), nous avons mis notre dévolu sur « las chicas de las 3 », deux filles qui ont créé une recette de tortilla au fromage qui nous a semblé incroyable ! Elles se sont installées au milieu d’un marché de gros, entre les étals de fruits et légumes.

Nous arrivons sur place, et après avoir demandé notre chemin au moins 3 fois tant le lieu est immense, on aperçoit le lieu filmé dans la série. Un petit stand de quelques mètres carrés, devant lequel il n’y a presque personne ! La cheffe nous accueille avec un grand sourire (on sent qu’elle a l’habitude de voir des touristes!), nous installe devant elle, et devient encore plus adorable quand on lui parle en espagnol. Elle nous propose un assortiment de tous ce qu’elle a de mieux – tortilla de patatas, tortilla con queso y jamón, tortilla de espinaca, sándwich de milanesa de pollo, empanadas de carne, de queso y jamón, pizza 4 quesos… 😍

C’est excellent, et dans cette ambiance authentique, humaine, on se sent tellement mieux que « dans le meilleur restaurant de viande » de la veille ! Et on paye 5,000 pesos pour 4 contre presque 50,000 pour l’autre 😮

🎶Goodbye, my friends 🎶

Quentin et Clémence nous quittent sur cette note parfumée de fromage, grimpent dans un taxi direction l’aéroport, à quelques minutes de la où l’on se trouve. Ces 3 semaines ensemble auront été extraordinaires. Des paysages fabuleux aux rencontres incroyables que nous avons pu faire, je crois qu’ils ont adoré leur voyage et nous leur présence ! On retiendra les nombreuses crampes à force de rire, les kilomètres en voiture et nos galères de pneus et de batterie, les vols en drone, notre passion commune pour la bouffe (et l’apéro), le coup de cœur pour les argentins, bref, merci

Theo

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