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Quelques jours à Chiloe, cette île vibrante de traditions, en Patagonie chilienne

Février 2023

La terre s’éloigne derrière nous, la pluie s’est enfin arrêtée après cette nuit très humide dans la tente. L’épaisse brume cache les îles et il est encore impossible d’apercevoir la Grande Isla de Chiloe, tandis que la veille au soleil couchant, nous devinions sa silhouette depuis la plage de Chaitén.

Quelques otaries viennent narguer les passagers du ferry, ne montrant leurs têtes que furtivement, à peine le temps d’une photo. Enfin, le soleil apparaît et nous pouvons admirer la beauté de ces îles presque inhabitées.

Découverte de Castro 

Nous partons à la découverte de la petite ville de Castro. En passant à l’office du tourisme, nous apprenons qu’un festival de folklore et de traditions se déroule à l’extérieur de la ville. Un bus nous y emmène et il nous suffit de suivre les effluves des stands de nourriture pour finir d’arriver.

Et nous ne sommes pas déçus car ici, on trouve de tout. De la viande grillée au barbecue, des plats mijotés de mouton, poulet, bœuf, du maïs au barbecue… Nous optons pour una caserola de gallina (soupe de poulet avec des légumes). C’est un classique d’Amérique du Sud mais c’est toujours délicieux 😉  

Des artisans en tout genre sont venus exposer leurs produits ce qui nous donne un bon pêle-mêle de la culture locale !

Au centre du parc, une scène a été installée où joue un groupe de musique. Moustaches, costumes noirs et chemises blanches, sombreros sur la tête, non, ce n’est vraiment pas un groupe local ! Mais ces mexicains savent comment mettre l’ambiance 🙂

Nous avons malheureusement perdu nos photos de la fête et de la journée, voici la seule restante !

En fin de journée, nous partons nous balader sur le bord de mer, qui donne sur le fjord. Ici les maisons, les palafitos, sont construites en bois, dans de belles couleurs vives et sur pilotis ! À marée haute, les maisons semblent flotter telles de petites embarcations. Mais à marée basse, elles sont perchées sur leur grandes échasses au-dessus d’un terrain marécageux. 

Exploration de l’archipel Chiloe

Nous partons de Castro pour nous rendre à Achao, sur l’île de Quinchao, la deuxième plus grande de l’archipel. Nous posons notre tente dans un camping, car comme dans le reste du Chili, les logements sont bien trop chers pour notre petit budget. Nous avons à peine le temps de nous balader qu’une grosse averse s’abat sur nous, l’église du village nous sert de refuge avant de courir jusqu’à un bar au coin de la place pour y passer les deux prochaines heures en attendant que la pluie cesse !

L’atmosphère d’après pluie est particulière, d’autant plus en se baladant sur le bord de mer. 

Les églises occupent une place importante sur l’archipel. En effet, plus de 70 ont été construites au 17 et 19e siècle. Seize d’entre elles sont particulièrement remarquables quant à leur architecture et leur charpente inspirée de constructions navales, mais aussi par leur décoration intérieure.

Si celle de Castro est d’un jaune éclatant, les autres que nous avons visité à Achao et Quinchao, sont plus sobres mais construites sur le même modèle en bois. 

Nous continuons l’exploration de l’île en stop jusqu’au petit village de Quinchao. Celui-ci se trouve dans un fjord, et la visite est rapide. Mais nous prenons le temps de nous poser sur la plage pour pique-niquer et apprécier ce lieu si paisible. 

Fête traditionnelle 

Il faut croire que nous tombons le bon week-end à Chiloe puisqu’à notre retour à Achao, une foule de personnes est regroupée dans l’espace culturel du village. La musique est forte, les odeurs se mélangent, les gens sont souriants. Alors nous nous mêlons aux locaux, une bière à la main. Cette fois-ci, le groupe de musique est traditionnel de la région 😛. Les gens dansent, les enfants en belles tenues typiques font un petit spectacle de danse traditionnelle. 

Nous découvrons le curanto al hoyo, un plat traditionnel chileote. Nous restons ébahis devant ces feux, essayant de comprendre le fonctionnement. 

Un trou d’environ 1 m d’envergure est creusé dans le sol, des galets y sont déposés au fond avant de faire un grand feu. Les pierres chauffent, et lorsqu’il ne reste que des cendres, la nourriture est déposée dans d’immenses feuilles de nalca (un genre de rhubarbe sauvage). Commence alors des empilements de feuilles de nalca et de viandes, galettes de pommes de terres et fruits de mer. Le temps de cuisson est particulièrement long, et nous comprenons qu’il est possible de réserver une assiette pour le soir, car les trous creusés à 15h ne fourniront les repas que vers 18-19h. Il n’en faut pas plus pour nous convaincre. 

Nous voilà de retour pour le repas et nous assistons à l’ouverture de l’hoyo. Une fumée épaisse s’échappe des feuilles qui sont retirées, découvrant petit à petit l’énorme quantité de nourriture. 

Une assiette nous est servi, oui, une pour deux nous suffit largement, le tout accompagné d’un vinito, nous nous régalons! 😁 Et quel plaisir de vivre ce moment avec les locaux! 

Côte ouest de Chiloe Grande

Un premier bus nous ramène à Castro puis un deuxième nous dépose sur la côte est de l’île principale. Nous passons l’après-midi face à l’immensité de l’océan Pacifique. Le vent souffle fort et nous trouvons qu’il ne paraît pas si pacifique que ça, alors on se conforte dans notre choix de ne pas faire la traversée en voilier 😛 

Ce soir, pas de camping, nous avons prévu de bivouaquer. Nous sommes à côté d’un village, lui aussi en fête, mais bien plus calme. Nous serons seulement dérangé par deux chevaux qui viennent brouter à côté de la tente dans la soirée 😉. 

La nuit a été calme et le matin nous repartons en direction d’un camping à côté du parc national de Chiloe. 

Parc national de Chiloe

Dans l’après-midi, nous allons nous balader dans le parc national. Le sentier est joli, mais très boueux. Heureusement des petites passerelles de bois permettent de rester au sec. 

Ce parc possède un flore et faune assez unique, Darwin vint faire des recherches sur la végétation peuplant cette forêt. 

A gauche, les « arrayán« , arbres à écorces oranges typique de Patagonie

Adieu la Patagonie ! 

Notre séjour patagonicain touche à sa fin, quatre mois que nous vadrouillons sur ces territoires remarquables et d’une variété impressionnante ! Nous avons été plus que conquis 😉 !! 

Nous voilà maintenant dans un bus de nuit qui nous emmène à plus de 1200 km au nord. Nous évitons de cette manière une grande partie du Chili, mais notre temps sur le continent américain touche bientôt à sa fin…

Manon

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