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Notre dernière navigation avant les Amériques !

Dans notre dernier article, je vous ai brièvement parlé de notre départ de Guadeloupe en bateau. Notre semaine de wwoofing tout juste terminée, nous avons embarqué le dimanche 23 janvier avec Olga et Louis, couple de québécois, sur leur voilier – un Océanis 55.




Nouveau bateau, nouvelles habitudes

La première journée, nous découvrons le bateau et les différences avec le catamaran sur lequel nous avons navigué jusque-là. Même si beaucoup de choses sont similaires, il nous faut s’adapter au nouveau capitaine, sa façon de naviguer, de prévoir la route et les quarts de nuit – des quarts de 3 ou 4h que nous ferons à deux avec Théo.

Heureusement que nous avons déjà un peu le pied marin, car la gîte sur un monocoque n’a rien à voir avec celle d’un cata. Se déplacer dans le bateau devient un vrai jeu d’équilibre, et pour dormir il faut élaborer des stratégies pour ne pas se rouler l’un sur l’autre ! Selon les vagues, on peut se retrouver projeté à l’autre bout du bateau, ou se faire plaquer contre le mur de la salle de bain en plein lavage de dents ! La gravité terrestre est perturbée, il semble qu’un aimant géant nous attire d’un bout à l’autre.


La première navigation jusqu’à Bonaire était relativement calme, mais au large de la Colombie, la mer et les vents se sont déchainés, pouvant monter jusqu’à 40 nœuds en rafales (environ 75 km/h). Le père de Théo nous avait pourtant prévenu, ici les vents sont accélérés par la Sierra Nevada de Santa Marta, sommet de 5775m d’altitude au nord de la Colombie. Mais nous étions loin de nous imaginer ce que cela pouvait représenter sur un monocoque !


Demi-tour moussaillons !

Lors de la première nuit après avoir quitté la Guadeloupe, à 4h du matin au réveil de notre quart, le moteur tourne et Louis nous explique que l’on fait route vers la Martinique. Croyant à une mauvaise blague, il nous explique qu’il y a un problème avec la grand-voile, impossible de l’enrouler ou dérouler. Il préfère miser sur la sécurité et retourner à terre pour une vérification !

Il nous faudra 10h pour rejoindre l’île et mettre l’ancre à un mouillage. Pour commencer, nous devons descendre la voile et l’enlever du mât. Louis se rend alors compte que des vis ont été sciées par l’usure. Impossible de réparer cela tout seul, nous allons devoir nous arrêter dans un port. Retour au Marin, lieu d’arrivée de notre transat un mois plus tôt !!


Tout petit vu d’ici !

Louis me fait monter au mât afin de stabiliser la barre de l’enrouleur qui tape en continu comme il n’y a plus le poids de la voile. Je m’équipe : baudrier, casque, talkie-walkie, et me voilà en haut ! C’est une incroyable sensation de surplomber le bateau. La vue est imprenable, la Montagne Pelée tout près, est entièrement dégagée (ce qui est vraiment rare ! 😛 )
Ne pouvant pas faire grand-chose pour aujourd’hui, on s’accorde une bonne pause : baignade et apéro !


Encore un beau coucher de soleil martiniquais !

Finalement l’escale au port durera 2 jour car ici c’est « à la cool » et tout prend du temps. Même si les réparations sont minimes, il faut du personnel disponible.

Cependant, nous avons mis à profit notre séjour au Marin, puisque nos amis sont encore sur place ! On retrouve avec grand plaisir : Charlotte et Simon, toujours à la recherche d’un bateau pour la Colombie et Titouan, Charles et Maxime, nos amis marins, avec qui on passe une soirée un peu arrosée !

La bande de joyeux lurons

Le départ (version 2.0)

Après un deuxième et définitif au revoir aux copains, nous revoilà en mer ! 4 jours pour rejoindre l’île de Bonaire.

Rien de particulier sur cette traversée si ce n’est la belle pêche d’une dorade coryphène d’au moins 1m, que nous avons beaucoup de mal à sortir de l’eau ! Malheureusement la dégustation a été courte (et froide) car nous tombons en rade de gaz… Le bateau étant québécois, Louis n’a pas pu renouveler les bouteilles de gaz en Martinique !

Bonaire

Cette île des Antilles Néerlandaise au nord du Venezuela nous permettra de faire une escale de 2 jours pour se reposer, faire le plein d’eau, de fuel, de nourriture et acheter des bouteilles de gaz !!

« Bonaire »  signifiait à l’origine « basses terres ». C’est la 1ère pensée que nous avons eu à l’esprit en nous approchant en bateau. Quelques collines au nord de l’île (avec un « sommet » à 241m !), le sud est essentiellement plat et possède même des marais salant !  Cela nous a valu quelques illusions optiques ! En arrivant par l’Est, nous avons eu du mal à savoir si un bateau de croisière se trouvait de notre côté ou sur la côte ouest !

Bonaire est connue pour être un très bel endroit de plongée. Nous avons pu prendre nos masques et tuba pour vérifier ces dires. L’eau est turquoise et la visibilité excellente. Nous nageons parmi des bancs de poissons de toutes sortes et tombons nez à nez avec 3 énormes tarpons !! Ces poissons très similaires au requin, mesuraient presque 1m50 ! Très impressionnant sous l’eau !

En pleine réflexion pour nos prochaines semaines !
Un tarpon

Nous profitons aussi des petits restaurants de la ville de Kralendijk. Ville balnéaire aux jolies maisons colorées, la rue principale donnant sur la mer regroupe un bon nombre de restaurants, bars, magasins et villas ou hôtels !

Dommage que nous ne puissions pas rester plus pour découvrir le reste de l’île, même si nous avons l’impression que le tour serait vite fait (l’île fait 35km de long pour 10km de large) !!

Les belles maisons colorées
Quelques flamants roses devant le port

Un dernier pas avant l’Amérique !

Encore 5 jours de navigation et nous pourrons à nouveau pratiquer notre espagnol. Nous avons tellement hâte de découvrir ce grand continent ! Passer au large de la Colombie, voir ses montagnes, ses villes au loin nous donne envie de sauter du bateau !

Arc-en-ciel après la pluie
Compagnon de voyage, surnommé Eduardo

En se rapprochant de Colon, ville portuaire et entrée du Canal du Panama sur la côte Atlantique, nous hallucinons du nombre de cargos au mouillage. Entre (méga) porte-containers et tankers de plus de 400m de long, nous sommes bien petits ! Ces bateaux attendent de pouvoir traverser le canal, mais leur grandeur ne leur permet pas de se poser ailleurs que coté océan, plutôt que protégé par les brise-lames.

Au passage de ce détroit, nous avons eu notre plus grande peur ! Un cargo arrivait en diagonale et sens opposé à nous, Louis accélère afin de passer plus sereinement, mais d’un coup, le moteur s’arrête (à ce moment-là, aucune voile n’était sortie, nous naviguions uniquement au moteur). Coup de panique, il faut se dégager au plus vite au risque d’être écrasé par le cargo. Le moteur ne s’allume plus (il a surchauffé), notre capitaine décide en quelques secondes, de hisser une voile afin de reprendre un peu de vitesse !! Nous passerons très proche de ce géant et une fois la pression retombée, on souffle un peu !

Très heureux d’arriver à terre, et malgré les 3 nuits de mal de terre qui nous attendent, on se promet (pour de bon ?) que ce sera notre dernière expérience de bateau-stop. Même si l’expérience est enrichissante, plusieurs facteurs nous font dire que le Pacifique, ça sera surement trop pour nous ! Cela peut être très lourd d’être toujours dépendant du capitaine, de n’avoir aucun poids dans les prises de décision (surtout moi, en tant que femme dans cet univers encore très macho !). Sans parler de la vie dans un espace si restreint. Actuellement, on ne se voit pas revivre ça 3 ou 4 semaines …

Mais le voyage continue sur la terre ferme et nous allons découvrir le Panama quelques temps avant de (enfin !) partir pour la Colombie que nous rêvons de parcourir.

¡ Hasta pronto !



Manon


Merci à Guillaume Merlin pour cette vidéo !




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